Y
entrer, regarder et voir là que notre monde y a laissé des
richesses,
du savoir faire, des œuvres, des chefs d'œuvres.
C'est là que commence le travail, respecter les silences de ces passés glorieux,
emprunts de religions, de paroles divines et de psaumes séculaires,
de relations aux cieux.
Puis regarder les rythmes de cette architecture, voir comment une construction éphémère
pourrait prendre sa place sans gêner le passé.
Penser le présent, avec comme outil premier ce lieu.
L'art
contemporain aime généralement, du moins dans des pratiques
commerciales cultivées, s'inscrire dans de magnifiques salles
blanches. Cette neutralité architectonique permettant aux
marchands de proposer la contemplation sans parasite. Mon invitation
ici fait suite à quelques expériences où les « parasites » furent
les déclencheurs de l'idée première. Les contextes
historiques et architecturaux des espaces investis nourrissant les
formes inventées.
Cette
fois, dans cette chapelle, l'invention s'appuie sur une idée
de miroir, un reflet tri-dimensionnel. Reconstruire une Chaire en
vis à vis de celle qui est installée là. S'amuser
des équilibres avec des matériaux et des façons
qui n'ont rien à voir avec l'original.
Penser cet espace damé de blanc et de noir, faire en sorte que cette
chaire munie d'un escalier vienne se frotter au sol de cette nef. Penser à ce
meuble ancien, quand l'ecclésiaste y prenait place pour communiquer
la bonne nouvelle au dessus de ses paroissiens. S'amuser de la désuétude
de cette fonction mobilière disparue. Construire cette présence,
le temps d'une exposition, le temps d'entrer et de regarder comme je l'ai fait
la première fois.
J.L.
2012